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Les ingrédients du savon d’Alep : l’huile d’olive – zayt zaytūn

Huile d’olive utilisée dans la fabrication traditionnelle du savon d’Alep

Article mis à jour et enrichi en mai 2026.

Pourquoi l’huile d’olive est la base du savon d’Alep traditionnel

L’huile d’olive, appelée traditionnellement zayt zaytūn en Syrie, est l’ingrédient principal dans la composition d’un véritable savon d’Alep. Elle forme la base du savon et lui donne une douceur agréable ressentie dès le lavage. Une mousse délicate, un contact plus enveloppant et une peau nette, confortable, sans sensation décapante.

Dans un véritable savon d’Alep, l’huile d’olive s’unit à l’huile de baies de laurier, à l’eau et à la soude utilisée lors de la saponification. Quatre ingrédients simples, portés par le savoir-faire des maîtres savonniers d’Alep.

Ce que l’huile d’olive apporte vraiment au savon d’Alep

Une réalité historique unit les rivages de la Méditerranée : l’huile d’olive est l’un des grands piliers de la savonnerie traditionnelle. On la retrouve dans l’histoire du savon d’Alep, du savon de Marseille et du savon de Castille, avec des recettes et des traditions différentes.

Dans le savon d’Alep, elle est recherchée pour une raison simple : elle permet d’obtenir un savon doux, solide et durable. Un pain riche en huile d’olive fond lentement au contact de l’eau et accompagne bien les usages quotidiens. Sa mousse reste fine, sobre, moins spectaculaire que celle des nettoyants modernes très moussants, mais elle offre un lavage net, confortable et sans sensation décapante.

Cette douceur s’explique en partie par la richesse naturelle de l’huile d’olive en acides gras, notamment en acide oléique, aussi appelé oméga-9. Le savon reste bien sûr un produit rincé, et ne remplace pas une crème de soin. Mais cette composition explique pourquoi l’huile d’olive est si appréciée en savonnerie : elle aide à créer une base lavante douce, stable et respectueuse de la peau lorsqu’elle est bien adaptée à son usage.

Au rythme des vergers Syriens

En Syrie, la cueillette des olives se déroule généralement entre octobre et décembre. Cette période rythme depuis longtemps la vie des vergers autour d’Alep, lorsque les familles et les villages se mobilisent pour récolter les fruits arrivés à maturité.

Après la récolte, le pressage doit idéalement se faire rapidement afin de préserver la qualité de la matière première. Pendant longtemps, l’huile d’olive était extraite à l’aide de pressoirs traditionnels, selon des méthodes adaptées aux différents usages.

La première pression, plus fine, était le plus souvent destinée à l’alimentation. La fabrication du savon d’Alep utilisait traditionnellement une huile issue d’une seconde extraction, obtenue à partir de la pulpe d’olive retravaillée. Cette huile, plus dense, convenait particulièrement bien au long travail de cuisson dans les chaudrons des savonneries.

Ainsi, rien n’était perdu. Chaque qualité d’huile trouvait sa place : l’huile de table pour les foyers, l’huile de savonnerie pour le savon. Cette organisation sobre et intelligente fait partie de l’histoire artisanale du savon d’Alep.

Des pressoirs aux savonneries d’Alep

Autour d’Alep, l’huile d’olive dessinait autrefois un lien très concret entre les villages et les savonneries de la ville. Les olives étaient pressées dans de petits pressoirs collectifs, installés au plus près des vergers. Dans les années 1930, la région d’Alep comptait encore plusieurs centaines de ces pressoirs villageois.

L’huile destinée à la savonnerie était ensuite acheminée vers la ville. Pendant longtemps, elle voyageait dans des ẓarfs, de grandes outres traditionnelles en peau de chèvre ou de mouton retournée, transportées à dos d’âne. Plus tard, les fûts métalliques de 200 litres ont progressivement remplacé ces anciens contenants pour le transport de l’huile.

Une fois arrivée dans les savonneries, l’huile ne rejoignait pas immédiatement les chaudrons. Elle était d’abord stockée dans de grandes citernes enterrées, sous le sol des ateliers. À l’abri de l’air et de la chaleur, elle pouvait reposer, se clarifier et se séparer lentement des dernières traces d’eau.

Avant de devenir savon, l’huile d’olive suivait donc un chemin patient : le verger, le pressoir, le transport, puis le repos en citerne. Ce n’est qu’après cette préparation qu’elle rejoignait les chaudrons des savonneries d’Alep. Découvrez aussi l’histoire de cette fabrication ancestrale.

Deux huiles naturelles, un équilibre : le savon d’Alep

Le caractère de l’authentique savon d’Alep traditionnel repose sur cette alliance naturelle équilibrée. Les vertus de l’huile d’olive apportent la douceur pour la peau, la base lavante et la tenue du pain de savon, tandis que l’huile de baies de laurier lui donne son parfum végétal caractéristique, sa couleur profonde, parfois vert émeraude à cœur, et son caractère purifiant traditionnellement recherché.

Au fil du temps, cette alchimie ancestrale est devenue l’une des grandes signatures des maîtres savonniers d’Alep. L’une construit la douceur du savon, l’autre lui donne sa personnalité.

Petite nuance importante

Dans un savon d’Alep traditionnel, l’huile d’olive est généralement l’ingrédient principal.

Il existe pourtant une exception rare, où le laurier devient plus présent que l’huile d’olive :

le savon d’Alep à 55 % d’huile de baies de laurier.

Sa grande richesse en huile de baies de laurier lui donne une place à part sur le marché. Cette huile végétale précieuse est coûteuse à produire. Par ailleurs son intégration demande un véritable savoir-faire lors de la fabrication. Le 55 % devient ainsi un savon plus riche, plus végétal, plus typé, destiné aux amateurs de savons d’Alep au caractère affirmé.

Sodium Olivate : pourquoi ce nom sur l’étiquette ?

Sur l’étiquette d’un savon d’Alep, l’huile d’olive apparaît sous le nom Sodium Olivate. Ce terme peut sembler technique, mais il désigne simplement l’huile d’olive une fois transformée en savon par la saponification.

Sodium Olivate est donc le nom officiel utilisé dans la nomenclature INCI pour désigner l’huile d’olive saponifiée. Il ne s’agit pas d’un additif caché, ni d’un conservateur ajouté à la formule.

Pour mieux comprendre les noms utilisés sur les étiquettes, vous pouvez consulter notre guide complet sur la composition du savon d’Alep.

Une huile familière, un rôle essentiel

L’huile d’olive fait partie de ces ingrédients que l’on croit déjà connaître. Elle évoque la cuisine méditerranéenne, les gestes simples du quotidien, les salades d’été et cette idée presque évidente d’une huile saine, naturelle et familière.

Mais dans le savon d’Alep, elle révèle une autre facette. Elle ne sert pas seulement à rappeler les traditions du bassin méditerranéen : elle forme la base du savon, lui donne sa douceur, sa tenue et son équilibre.

Associée à l’huile de baies de laurier, elle forme le cœur ce savon ancien : peu d’ingrédients, mais une identité immédiatement reconnaissable. Pour découvrir cette alliance, vous pouvez parcourir notre sélection de savons d’Alep traditionnels, du 5 % au 55 % de laurier.

Et pour un usage plus pratique au quotidien, nos savons liquides à l’huile d’olive bio offrent une alternative douce, naturelle et facile à utiliser près du lavabo comme sous la douche.

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Questions fréquentes sur l’huile d’olive dans le savon d’Alep

La saponification est la réaction qui transforme les huiles végétales en savon. Dans le savon d’Alep, l’huile d’olive réagit avec la soude pendant la fabrication : elle ne reste donc pas une huile pure, mais devient une base lavante rincée à l’eau. Ainsi, le savon nettoie sans laisser de film gras.

Sodium Olivate désigne l’huile d’olive une fois transformée en savon. Ce n’est pas un additif artificiel, ni un conservateur. En effet, les étiquettes cosmétiques utilisent des noms INCI pour décrire les ingrédients après fabrication. Pour apprendre à lire une étiquette, consultez notre article sur la composition du savon d’Alep.

Le savon d’Alep produit une mousse fine, plus sobre que celle de nombreux gels douche. Cela ne veut pas dire qu’il lave moins bien. Au contraire, cette mousse discrète vient d’une composition courte, sans agents moussants ajoutés.

Oui, le savon d’Alep à l’huile d’olive peut s’utiliser sur le visage, notamment lorsqu’on recherche un nettoyage naturel et sans parfum de synthèse. Sa mousse fine nettoie la peau avec douceur, loin de la mousse abondante que l’on associe souvent aux nettoyants modernes.
Toutefois, le visage reste une zone plus délicate que le corps. Il est donc préférable de commencer progressivement, de bien rincer à l’eau claire et d’observer le confort de sa peau après usage. Si la peau tiraille, un soin hydratant habituel peut compléter la routine.
Pour une première utilisation, un savon d’Alep faiblement dosé en huile de baies de laurier, comme un 5 % ou un 12 %, reste souvent le choix le plus accessible.
Pour choisir le bon pourcentage de laurier, consultez notre guide spécial peau sensible ou nos conseils pour les peaux sujettes à l’acné.

Dans le savon d’Alep traditionnel, les maîtres savonniers utilisent plutôt une huile d’olive de seconde extraction, adaptée à la savonnerie, et non une huile de table extra vierge. Obtenue après la première pression, elle permet de fabriquer un savon solide, durable et agréable au lavage.
Ainsi, cette tradition valorise davantage la récolte d’olives, sans gaspiller l’huile la plus précieuse pour l’alimentation. Pour mieux comprendre cette transformation, vous pouvez consulter notre article sur la fabrication du savon d’Alep.