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Composition du savon d’Alep : quels sont ses véritables ingrédients ?

Composition du savon d'Alep ? Du 100% naturel ! Quatre ingrédients : huile d'olive, huile de baie de laurier, soude, eau et c'est tout ! Les ingrédients du savon d'Alep: l'huile d'olive Savon-Alep.Shop

Publié en novembre 2021 • Mis à jour en mai 2026

Derrière son aspect brut et son parfum végétal si particulier, le savon d’Alep fait figure d’exception.

Dans un univers cosmétique souvent dominé par les compositions longues et complexes, la recette du savon d’Alep traditionnel reste d’une grande simplicité : de l’huile d’olive, de l’huile de baies de laurier, de l’eau et un peu de soude utilisée lors de la saponification.

Cet article vous présente la composition globale du savon d’Alep. Pour approfondir le rôle et l’origine de chaque ingrédient, nous consacrons également des articles détaillés à :

Ces quelques matières premières suffisent pourtant à créer un savon traditionnel utilisé depuis des siècles dans les hammams et les soins du quotidien.

Pourtant, chaque détail compte. La qualité des huiles, le pourcentage de laurier ou encore le temps de séchage peuvent profondément modifier le résultat final. Deux savons d’apparence proche peuvent ainsi offrir des compositions, des textures et des usages très différents.

Alors, apprenons à lire les étiquettes et à comprendre la composition du savon d’Alep.

Apprenons à lire les étiquettes :

À première vue, les noms présents au dos d’un savon d’Alep peuvent sembler bien mystérieux et difficiles à déchiffrer. Ces termes scientifiques désignent simplement les ingrédients naturels… une fois transformés par la saponification.

C’est d’ailleurs l’un des grands malentendus de la cosmétique moderne. La liste obligatoire appelée « INCI » (la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques) ne décrit pas les huiles telles qu’elles sont versées dans la marmite, mais le savon obtenu après transformation.

Voici un décryptage simple et transparent de cette étiquette pour mieux comprendre ce que contient réellement un savon d’Alep traditionnel.

Comprendre la liste INCI du savon d’Alep

Sur l’étiquette, les noms INCI peuvent sembler techniques. Pourtant, ils désignent simplement les ingrédients du savon après la saponification.

  • Sodium Laurelate : huile de baies de laurier saponifiée. Elle apporte au savon d’Alep ses propriétés purifiantes caractéristiques.
  • Sodium Olivate : huile d’olive saponifiée. Elle forme la base douce et nourrissante du savon d’Alep traditionnel.
  • Aqua (Water) : eau utilisée pendant la fabrication, notamment pour permettre la réaction de saponification.
  • Sodium Chloride : sel utilisé lors du relargage, une étape traditionnelle qui aide à purifier la pâte à savon.
  • Sodium Hydroxide : soude caustique indispensable à la fabrication du savon. Après la saponification et le séchage, elle ne subsiste plus à l’état libre dans le savon fini.

L’huile d’olive : la base douce du savon d’Alep

L’huile d’olive est l’ingrédient principal du savon d’Alep traditionnel (en pain) ou liquide que nous proposons. Seul, le savon d’Alep à 55% d’huile de baies laurier contient une proportion d’huile de baies de laurier supérieure à celle de l’huile d’olive.

Composition du savon d'Alep ? Du 100% naturel ! Quatre ingrédients : huile d'olive, huile de baie de laurier, soude, eau et c'est tout !
Les ingrédients du savon d'Alep: l'huile d'olive
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L’huile d’olive (zayt zaytūn) est l’ingrédient principal du savon d’Alep. De tout temps, femmes et hommes l’ont produite en grande quantité dans la région d’Alep.

Les habitants de la région d’Alep cueillent les olives d’octobre à décembre.

Idéalement, ils procèdent au pressage rapidement après la récolte. Pendant longtemps, l’huile d’olive était extraite en une ou deux pressions à froid. L’huile de première pression était le plus souvent destinée à la consommation alimentaire. La production du savon d’Alep se faisait à partir de l’huile de deuxième pression. Cette dernière était obtenue à partir de la pulpe issue de la première pression, stockée dans des sacs et arrosée avant d’être pressée à nouveau. Les artisans savonniers procédaient à la décantation du liquide obtenu pour séparer l’huile de l’eau.

Un lien entre Alep et les villages

Les villageois produisaient l’huile dans les pressoirs collectifs autour d’Alep. Ils stockaient ensuite l’huile dans des outres en peau de chèvre ou mouton retournée (ẓarfs). Les villageois les transportaient ensuite vers Alep à dos d’ânes. En 1930, on trouvait encore dans la région d’Alep plus de 600 pressoirs villageois. Dans les années 80, les ẓarfs servaient encore sur les marchés d’Alep pour stocker du beurre fondu. Mais des fûts métalliques de 200 l les remplaçaient pour le transport de l’huile d’olive.

Dans les savonneries, les savonniers stockaient ensuite l’huile dans de grandes citernes enterrées. L’huile y décantait patiemment. Certaines savonneries comptaient jusqu’à 15 citernes de 8 à 10 tonnes de contenance chacune. La forme de ces citernes – évasées à la base, resserrées au sommet et fermées d’un couvercle en bois – permettait de faciliter la décantation. Cela évitait également que l’huile ne soit trop en contact avec l’air.

L’huile de baie de laurier : l’âme du savon d’Alep

L’huile de baies de laurier contribue largement à la renommée du savon d’Alep. C’est elle qui le distingue des autres savons traditionnels, comme le savon de Marseille.

Lorsque le processus de saponification touche à sa fin, les maîtres savonniers ajoutent l’huile de baies de laurier (zayt ġār). Elle donne au savon son odeur végétale si caractéristique.

Traditionnellement, les Syriens cueillent les baies de laurier des régions d’Antioche ou de Lattaquié, dans les montagnes du bord de mer de la Syrie ou de la Turquie.

À maturité, les baies de laurier sont de petits fruits noirs, brillants et de forme ovoïde. Lorsque l’automne arrive, la baie de laurier est très chargée en corps gras. Nous sommes alors à la meilleure période pour en extraire l’huile. Les baies de laurier sont plongées dans de l’eau bouillante. Elles éclatent et libèrent à la surface du bouillon une huile que l’on collecte au fur et à mesure de son apparition.

Comme l’huile d’olive, l’huile de baie de laurier était autrefois livrée aux fabricants du savon d’Alep dans des ẓarfs, ces outres de peau de mouton ou de chèvre depuis longtemps remplacées par des fûts métalliques de 200 l.

Et dernier ingrédient :  la soude

La soude (šnān) est indispensable à la fabrication du savon d’Alep traditionnel. Pourtant, son nom suscite souvent des interrogations lorsqu’il apparaît dans la liste des ingrédients.

À Alep, la lessive de soude représente traditionnellement entre 10 et 15 % du mélange initial. Après la cuisson puis les nombreux rinçages réalisés en fin de fabrication, elle n’est plus présente à l’état libre dans le savon final.

La soude n’est donc pas présente à l’état libre dans un savon d’Alep correctement fabriqué. Elle sert uniquement à transformer les huiles en savon lors du processus de saponification.

Végétale ou minérale, la soude reste l’agent alcalin indispensable au processus de saponification.

Le saviez-vous ?

Traditionnellement à Alep, la soude utilisée pour fabriquer le savon provenait de plantes riches en carbonates, notamment le šnān (Salsola kali), abondant dans les régions désertiques autour de Palmyre.

Après séchage puis combustion, ces plantes produisaient une soude végétale utilisée depuis des siècles par les savonneries d’Alep.

Des caravanes bédouines transportaient ensuite cette matière première à dos de chameau jusqu’aux ateliers de fabrication.

Au début du XXe siècle, cette soude végétale a progressivement été remplacée par une soude minérale plus stable et plus simple à produire.

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L’huile provient des petits fruits noirs et ovoïdes du laurier noble. À l’automne, lorsque les baies sont gorgées de corps gras, elles sont plongées dans de l’eau bouillante pour en extraire cette huile précieuse, reconnue pour ses vertus purifiantes et apaisantes.

La soude (šnān) est l’agent alcalin indispensable qui permet la saponification, c’est-à-dire la transformation chimique des huiles végétales en savon. Dans le procédé traditionnel, elle est totalement rincée et éliminée à la fin de la cuisson au chaudron.

Son odeur végétale unique, à la fois boisée et authentique, provient exclusivement de l’huile de baie de laurier cuite.
Sa couleur est le fruit du temps : le cœur du savon reste d’un vert émeraude intense (la couleur de l’huile d’olive et de laurier), tandis que l’extérieur prend une belle robe brun-beige à cause de l’oxydation naturelle sous le soleil pendant la phase de maturation.

Non, un véritable savon d’Alep en bloc traditionnel ne contient pas d’additif chimique ajouté. Il est formulé sans conservateur, sans parfum de synthèse, sans colorant, sans agent moussant agressif comme les sulfates, sans graisse animale et sans huile de palme. C’est un produit brut et biodégradable, fidèle à une composition courte et traditionnelle.

L’appellation « Savon d’Alep » n’étant pas protégée, il faut impérativement vérifier la liste des ingrédients (liste INCI) au dos du produit. Le véritable savon d’Alep ne doit afficher que 4 noms : Sodium Olivate (huile d’olive), Sodium Laurelate (huile de laurier), Aqua (eau) et Sodium Hydroxide (soude). Fuyez les listes contenant du Sodium Palmate (huile de palme), des graisses animales (Sodium Tallowate) ou des mentions « Parfum/Fragrance ».

Non, pas dans un savon correctement fabriqué et bien séché. La soude pure, ou hydroxyde de sodium, est corrosive à l’état initial. Cependant, elle est consommée pendant la saponification en réagissant avec l’huile d’olive et l’huile de baie de laurier. Dans le savon fini, elle ne doit donc plus être présente à l’état libre. C’est justement cette transformation qui permet d’obtenir un vrai savon solide.

Historiquement, certaines fabrications utilisaient des cendres de plantes riches en éléments alcalins. Aujourd’hui, les savonniers utilisent généralement de l’hydroxyde de sodium pur, de qualité adaptée à la fabrication cosmétique. Ce choix permet un dosage précis, une réaction de saponification maîtrisée et une meilleure régularité du savon fini.

Oui, mais avec nuance. Il peut être utilisé ponctuellement sur les cheveux, selon la sensibilité du cuir chevelu. Pour les peaux sèches, un faible pourcentage de laurier reste souvent préférable. Comme tout savon solide traditionnel, son pH alcalin peut toutefois ne pas convenir à tous les usages quotidiens

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